Ableton Live 9 : l’interview qui vous dit tout !


Le 5 mars sort Ableton Live 9. Nouvelle version très attendue de ce séquenceur aussi à l’aise sur scène qu’en studio. Elephorm vous proposera ce jour là, la première formation complète en tutoriels vidéos avec Julien Bayle, formateur certifié mais surtout musicien. Moins de 15 jours avant la sortie de Live 9, Julien nous dévoile les nouveautés de ce soft.

Faisons connaissance ! Quel est votre parcours ?

JulienBayle04Julien Bayle : Je suis un digital artist minimal français qui travaille à l’intersection du son, de l’image et des données numériques. Après de longues études scientifiques de biologie et d’informatique, je me tourne vers la programmation appliquée à la création artistique, la composition musicale, et le design de pièces audio-visuelles interactives avec Max/MSP.
Autodidacte et impliqué, adepte du Do It Yourself, je crée la protodeck, énorme contrôleur MIDI qui communique avec Ableton Live avant même la release de Max for Live, par le biais de complexe scripts en langage de programmation Python. Depuis ce moment, je n’ai arrêté de créer que ce soit des plugins dont j’avais besoin pour ma propre création, ou bien du hardware basé sur Arduino. Je passe ma certification Ableton Live 8 en 2010 et suis depuis officiellement Ableton Certified Trainer ce qui me permet de tester les versions bétâ en avance, de faire du reporting et des suggestions à Ableton et aussi d’avoir la crédibilité suffisante pour animer le Marseille Ableton User Group, par exemple.

Je donne des cours, workshops et masterclasses sur différents frameworks comme Ableton Live, Max6, Arduino, Processing et OpenFrameworks. Je fais aussi du conseil en technologie appliqué à la création artistique par le biais de Design the Media, ma propre structure. Je viens de terminer un livre commandé par PACKT publishing sur Arduino  et commence mon prochain livre sur le framework Max6 intitulé « Interactive Multimedia Programming using Max6 and Gen » dans quelques semaines. Je vends aussi mes propres plugins (http://designthemedia.com/files) Je compose et joue mes propres pièces sonores en live depuis 2008 sous le pseudo «protofuse» et je présente une pièce audio-visuelle lié à l’art génératif au Prix Ars Electronica dans moins d’un mois.

Les utilisateurs de Live en parle toujours avec beaucoup d’émotions. Pouvez-vous nous décrire votre histoire d’amour avec logiciel ? Où cela a-t-il commencé ? Quand ?
J’utilise Live depuis 2005 environ. Habitué des synthétiseurs hardwares, des sampleurs, j’ai suivi l’évolution des séquenceurs depuis Cubase 1.0 à Live 9. Avec la multiplication des performances des processeurs d’année en année, les programmeurs ont pu de plus en plus intégrer l’ensemble des fonctionnalités présentes sur nos anciennes machines à l’intérieur de logiciels. J’ai testé Live et ai tout de suite été séduit par ses possibilités au niveau du traitement de l’audio mais aussi par l’intégration du MIDI qui, bien qu’elle ne fasse pas l’unanimité dans les premières versions du logiciel, était déjà très suffisante.
Mais ce qui m’a le plus intéressé, c’est le mode session que je qualifie de «séquenceur non linéaire ». C’est le coeur même du logiciel et ce qui donne à son nom tout son sens. En effet, en mode session, on crée de petites séquences MIDI ou audio que l’on appelle clips. Ces clips sont disposés sur l’ensemble des pistes en colonne dans ce que l’on appelle des scènes. Le potentiel énorme et non encore égalé vient du fait que l’on peut jouer un clip par piste dans l’ordre que l’on veut. On peut jouer tel riff de guitare avec telle rythmique en parfaite synchronisation et ainsi se concentrer vraiment sur l’improvisation, les effets et lastructures même des morceaux que l’on joue sur scène.  Aucun logiciel sorti à ce jour ne permet de faire cela. Je n’aime pas la linéarité et c’est aussi pour cela que j’utilise Live car rien ne m’oblige à utiliser un séquenceur linéaire de type timeline. Bien évidemment, il permet quand même de faire cela avec le mode arrangement qui est un séquenceur plus classique et parfaitement intégré à Live. Adepte et utilisateur acharné de Max/MSP, c’est en 2008 que mon rêve devient réalité: Max for Live est l’intégration de Max/MSP à l’intérieur même de Live. Il est donc possible, depuis, de créer ses propres périphériques (instruments, effets MIDI et audio) mais aussi ses propres interfaces avec le monde extérieur à Live qu’il soit logiciel ou matériel. Brièvement, il est possible d’accéder à pratiquement tous les paramètres de Live et de jouer avec avec Max/MSP. Les possibilités étaient déjà énormes, elles sont maintenant infinies.

Live9_03On l’attendait depuis plusieurs années ! La version 9 arrive ! Dans quel état d’esprit êtes-vous ?
Excité ! D’autant plus qu’Ableton m’a fait confiance et m’a offert la possibilité de tester le tout dernier contrôleur hardware PUSH bien avant la date de sortie officielle. Live 9 intègre de nombreuses améliorations à la fois pour l’édition en studio que pour les performances live. Live 9 arrive aussi avec une nouvelle version de Max for Live et une meilleure intégration avec le modèle de programmation de Live (Live Object Model) J’ai déjà utilisé la version bétâ sur scène pour un live fait à Leicester, Angleterre en 2012 (http://julienbayle.net/blog/2012/12/08/creative-technology-live-in-leicester/) et je peux vous assurer qu’elle était très robuste.
La version finale, prévue pour le 5 mars 2013, va dépasser nos espérances !

Quels sont les nouveautés de Live 9 ?
Live 9 comporte beaucoup de nouveautés. Je commencerais par l’automation en mode session. En effet, l’automation correspond à l’enregistrement de mouvement de paramètres. Lorsque l’on rejoue une automation, les mouvements enregistrés sont reproduits à l’identique de manière automatique. Elle n’était possible qu’en mode arrangement jusqu’à Live 8, on peut maintenant automatiser et non plus seulement moduler ses paramètres en mode « séquenceur non linéaire » . Cela permet d’ajouter des variations prévues, pré-programmées dans ce séquenceur qui peut permettre l’improvisation totale. L’édition des données MIDI et des enveloppes a été grandement améliorée. On peut aisément doubler un clip et ainsi doubler son contenu pour rajouter des variations dans les mesures suivantes. On peut aussi éditer les enveloppes et les rendre courbe et ainsi produire des variations encore moins linéaires ! J’aime aussi les quelques nouveaux raccourcis clavier notamment au niveau du mode «dessin». Il est plus facile de switcher d’un mode à l’autre et de rapidement éditer une enveloppe ou une note midi. Le navigateur a aussi été modifié, et dans le bon sens! On retrouve plus facilement ses presets et ses périphériques. L’organisation permet maintenant de classer les sons et presets par packs ou banques importées si on le souhaite.
Les compresseurs ont été améliorés et voient l’arrivée du Glue Compressor, modélisation des compresseurs analogiques des années 80 au son chaud et avec cette dynamique si caractéristiques. Et bien sur l’audio to MIDI !

Pour vous quelle est la nouveauté la plus bluffante ?
Sans aucun doute l’audio to MIDI. Cette fonctionnalité permet d’extraire d’un clip audio l’harmonie, la mélodie et la rythmique et de la sauvegarder dans un clip MIDI. J’ai fait une démo en vidéo mi-novembre:

Si certain y voit une possibilité de copier la musique des autres, je pense qu’il faut y voir plutôt un outil créatif et un nouveau point d’entrée pour la création de clips. Il m’arrive de générer des séquences rythmiques audio avec des séquenceurs softwares utilisés sous forme de plugin VST, et ensuite d’en extraire la mélodie. Cette possibilité créative est vraiment intéressante si l’on veut justement sortir des sentiers battus.

On peut aussi facilement extraire la tonalité d’une mélodie et ainsi trouver les accords nécessaires en quelques secondes pour pouvoir appuyer une partie avec un autre synthétiseur, par exemple.

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